Belles de jour et noctambules, bienvenue…

Quand vient septembre, j’aime particulièrement passer quelques heures à gambader dans les chemins. Une étrange allégresse s’empare de moi tandis que d’un pas souple – dans la mesure où mes chaussures de marche me le permettent… – je foule l’herbe, encore tendre et verte, sur laquelle se déposent, étranges flocons, des feuilles mordorées. L’humain est fait pour la marche. C’est là sa vraie mesure. Le monde, sous le compas de ses jambes, prend tout son relief.

Là, à peine un sentier qui louvoie entre les arbres, ici un chemin creux, vaste, entre deux talus qui protègent du vent. L’œil se fait indiscret tandis que je longe une magnifique propriété, bien à l’abri derrière son écran de verdure. Vieilles pierres centenaires et une date gravée au fronton. Un chien noir dort dans une flaque de soleil sur le gravier blond. Une famille s’attarde dans les rayons chauds qui baignent la véranda ouverte sur le parc. Des rires dans la conversation. Plus loin, c’est une treille chargée de kiwis par encore mûrs, une maison fermée depuis que les vacances sont terminées. La piscine en forme de haricot azur est vide. Je continue, longe des champs de maïs, croise des chapelles de verdure, des fontaines près desquelles des geais crient. Parfois, au sommet d’une colline, je vois la forêt qui s’étend au loin, telle une mer crêpue, une toison d’un vert profond dans laquelle j’aimerais plonger la main. Les haies m’offrent des noisettes, des mûres. Dans les vergers où pousse le gui, des pommes d’or attendent la main chapardeuse qui viendra les cueillir.

Loin du monde, loin de tout, j’aime ces parenthèses de solitude. La nature apaise, purifie. Je m’y sens à ma place, plus que sur les routes, plus que dans les gares, plus que dans le ciel.

Et je rêve d’une cabane perdue au fond des forêts. Une cabane de bois, dans une clairière. J’y entendrais juste les chants d’oiseaux et la nuit, les petits animaux qui viennent rôder, grignoter baies et champignons. Il n’y aurait pas d’autres lumière que celle des étoiles. J’irais me laver dans une rivière qui coulerait en contrebas. Et je relirais Walden sur un matelas de foin…

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Commentaires sur: "Le tour d’automne" (4)

  1. Je suis moi aussi une amoureuse de la nature. Rien de mieux pour se ressourcer !

  2. Belle découverte matinale que je serai sheureux de publiciter dimanche prochain dan sma belle toile.
    A bientôt.

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